Lotte à l’armoricaine : recette bretonne pas à pas
Cuisine bretonne

Lotte à l’armoricaine : recette bretonne pas à pas

Par Soizic Tanguy 6 octobre 2026 6 min de lecture

L’essentiel
La lotte à l'armoricaine se fait avec 800 g à 1 kg de queue de lotte pour quatre, saisie au beurre, flambée au cognac puis mijotée 10 à 12 minutes dans une sauce d'échalotes, de tomates et de vin blanc. Comptez 20 minutes de préparation et 30 de cuisson. La clé est de retirer la peau grise, de saisir sans cuire à cœur, puis de lier la sauce hors du feu avec une noix de beurre.

Voici la recette de la lotte à l’armoricaine pour quatre personnes, avec les quantités exactes, le minutage et les gestes qui évitent une chair caoutchouteuse. Un plat de dimanche, prêt en moins d’une heure, qui sent la Bretagne dès le flambage.

Armoricaine ou américaine : d’où vient le nom ?

Le plat s’écrit des deux façons, et la querelle dure depuis plus d’un siècle. Pour les uns, « à l’américaine » vient d’un cuisinier revenu des États-Unis avec la recette. Pour d’autres, dont le critique Curnonsky, il faut lire « armoricaine », du nom antique de la Bretagne, l’Armorique.

Aucune des deux versions n’est établie par un document décisif. Retenons que la sauce, tomate, cognac, vin blanc et échalote, se rattache autant à la cuisine de Bretagne qu’à celle de la côte atlantique, où la lotte se débarque en quantité.

Les ingrédients pour quatre personnes

Ingrédient Quantité Rôle
Queue de lotte 800 g à 1 kg Chair ferme, sans arête centrale
Échalotes 4 Base aromatique de la sauce
Ail 2 gousses Parfum, sans dominer
Tomates mûres 500 g (ou 400 g concassées) Acidité et couleur
Cognac 4 cl Flambage
Vin blanc sec 15 cl Déglaçage et fraîcheur
Concentré de tomate 1 cuillère à soupe Profondeur du goût
Beurre 40 g (20 g pour saisir, 20 g pour lier) Cuisson et liaison
Estragon, piment 1 brin, 1 pincée Herbe fraîche et chaleur douce
Quantités pour quatre personnes, soit environ 200 g de chair par convive.

Le beurre demi-sel donne un résultat plus rond ; choisissez-le selon les repères de notre article sur le beurre demi-sel, ses seuils et ses usages.

Choisir et préparer la lotte

On vend la lotte sous le nom de baudroie sur les étals. Préférez la queue, qui n’a qu’une arête centrale, à des tronçons déjà détaillés qui ont perdu du jus. La chair doit être ferme, nacrée, sans odeur forte. L’étiquette de l’étal doit indiquer le nom commercial, la zone de pêche et la méthode de capture : c’est votre garantie de fraîcheur et de provenance, et le moyen de choisir un poisson de pêche côtière bretonne quand il y en a.

Tête de baudroie, ou lotte, posée sur une planche en bois
La lotte est une baudroie : on ne mange que la queue, vendue sans tête.

Retirez la fine peau grise et la membrane qui entoure la chair : cuite, elle se rétracte et durcit le morceau. Détaillez ensuite la queue en tronçons de 3 à 4 cm, en suivant l’arête centrale. Épongez avec du papier absorbant, car une chair humide ne se colore pas.

La recette pas à pas en 50 minutes

  1. Faites fondre 20 g de beurre dans une sauteuse. Saisissez les morceaux de lotte 2 minutes par face, sans les entasser. Réservez-les.
  2. Dans la même poêle, faites suer les échalotes hachées 3 minutes à feu doux, puis l’ail, sans coloration.
  3. Remettez la lotte, versez le cognac chaud et flambez. Laissez la flamme s’éteindre seule.
  4. Retirez à nouveau la lotte. Déglacez avec le vin blanc et réduisez de moitié, environ 3 minutes.
  5. Ajoutez les tomates, le concentré, l’estragon et le piment. Laissez compoter 15 minutes à feu moyen.
  6. Replongez la lotte dans la sauce et poursuivez 8 à 10 minutes à frémissement, couvercle entrouvert.
  7. Hors du feu, ajoutez 20 g de beurre froid en petits morceaux et mélangez en secouant la sauteuse.

La chair est cuite quand elle se détache en gros pétales et qu’elle a perdu son aspect translucide. Au-delà de 12 minutes dans la sauce, elle devient élastique.

Réussir la sauce : flambage, réduction, liaison

Trois gestes font la différence. Le flambage d’abord : verser le cognac tiède et non froid, puis hors de la hotte. La réduction ensuite : le vin blanc doit perdre l’odeur d’alcool avant l’ajout de tomates, sans quoi la sauce reste acide. La liaison enfin : le beurre froid monte la sauce comme dans la sauce au cidre montée au beurre, mais elle ne doit jamais bouillir après son ajout.

Si la sauce vous semble trop liquide, retirez la lotte et réduisez 5 minutes de plus, puis remettez le poisson pour le réchauffer sans le cuire. Certains ajoutent 10 cl de crème : c’est une variante, pas la recette de base.

Cinq erreurs qui gâchent le plat

  • Garder la membrane grise : la chair se contracte et durcit à la cuisson.
  • Entasser les morceaux à la saisie : ils rendent de l’eau et bouillent au lieu de dorer.
  • Utiliser des tomates pâles : sans concentré, la sauce reste fade et acide.
  • Laisser la lotte plus de 12 minutes dans la sauce : le poisson devient élastique.
  • Faire bouillir la sauce après l’ajout du beurre : elle tranche et devient grasse.

Le piment mérite une mention : une pincée d’Espelette ou de cayenne relève la sauce sans la rendre piquante. Dosez-le au goût, sachant qu’il se renforce en mijotant.

Avec quoi servir la lotte à l’armoricaine ?

Un riz pilaf ou basmati absorbe la sauce, des tagliatelles fraîches la napent, et des pommes vapeur restent la version la plus simple. Côté verre, un vin blanc sec et vif, comme un muscadet sur lie, répond à l’acidité de la tomate.

Pour un menu breton complet, ouvrez avec une soupe de poisson bretonne ou des coquilles Saint-Jacques à la bretonne, puis terminez par un far breton.

Conserver et réchauffer

La sauce se prépare la veille et se garde 2 jours au réfrigérateur dans une boîte fermée. Cuisez la lotte le jour même : réchauffée, elle durcit. Pour un reste, réchauffez doucement à la casserole, sans ébullition, en 5 minutes. Évitez la congélation de la lotte cuite, qui rend la chair spongieuse.

Questions fréquentes

Quelle partie de la lotte utiliser ?

La queue, la seule partie vendue au rayon. Elle n’a qu’une arête centrale, que l’on retire facilement, et une chair ferme qui supporte la sauce.

Faut-il flamber au cognac ?

Le flambage est traditionnel : il parfume la sauce et fait disparaître l’âpreté de l’alcool. À défaut, remplacez par un trait de calvados ou de vin blanc réduit.

Combien de temps cuire la lotte ?

Environ 4 minutes de saisie au total, puis 8 à 10 minutes dans la sauce. Au-delà de 12 minutes, la chair devient caoutchouteuse.

Peut-on préparer la lotte à l’armoricaine à l’avance ?

On peut préparer la sauce 2 jours avant. La lotte se cuit au dernier moment pour rester tendre.

Quelle différence entre armoricaine et américaine ?

La sauce est quasi la même : tomate, cognac, vin blanc, échalote. La différence tient au nom, dont l’origine est discutée, et à la garniture.

Peut-on utiliser de la lotte surgelée ?

Oui, décongelée lentement au réfrigérateur et bien épongée. La chair sera un peu moins ferme que celle d’une lotte fraîche.

Achetez une queue de lotte entière, demandez au poissonnier de retirer la peau, préparez la sauce la veille, et ne cuisez le poisson que le jour du repas. Servez dans la sauteuse, bien chaud, avec un riz pilaf à part.

Source

Ifremer, fiches espèces : la baudroie, ou lotte, consulté le 6 octobre 2026.

Soizic Tanguy

Soizic Tanguy

Quinze ans en cuisine dans une crêperie du Finistère avant de tenir ce carnet. Elle teste chaque recette chez elle, avec le matériel que tout le monde a.

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